Portraits de femmes résistantes oubliées, part.2 : Kimpa Vitaa (Royaume Kongo)

Parce que la représentation est essentielle pour la construction identitaire et de l’estime de soi, il m’a semblé nécessaire de mettre en avant ces femmes qui ont joué un rôle historique dans les luttes contre les colonisations. Nous allons profiter de la SEUMAINE des droits des femmes pour parler de grandes femmes noires qui ont plus ou moins disparu de l’Histoire et leur rendre hommage. 

*Kimpa Vitaa (Royaume Kongo)

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1684 – 2 juillet 1706

Kimpa Vitaa était une jeune noble Kongo devenue prophétesse. Elle est née vers 1684 dans le royaume kongo, au nord de la région du Matamba après la destruction de la capitale Mbanza Kongo (Sao Salvador).

Elle créa l’Antonianisme, son propre mouvement chrétien basé sur l’adoration de Saint Antoine de Padoue. Afrocentré et pacifique, ce mouvement prêchait aussi la réunification d’un royaume Kongo (actuels Angola, Congos, Gabon) fragmenté par des guerres civiles, afin de lui rendre sa gloire d’antan.

(Au début du dix-huitième siècle, le royaume kongo était déchiré par une guerre civile).

En 1703-1704, elle entreprit, sur le plan politique, une campagne pour le retour dans la capitale du Mani Kongo, le Roi Pedro IV. Elle appela au rétablissement de l’unité du royaume et à la restauration de Sao Salvador. Elle ne souhaitait pas que son peuple dépende des puissances coloniales, en proie à l’anarchie, au pillage et au dépeuplement de la population kongo par la traite des noirs. Elle annonçait l’avènement des temps nouveaux et le retour à l’âge d’or du royaume kongo.

Force de résistance, figure féminine marquante, défiant les classes de genre et d’âges par sa jeunesse, Kimpa Vita accepta de mourir sur le bûcher avec son bébé plutôt que renier sa foi taxée hérétique par des missionnaires européens obligeant un roi faible, aliéné et sous influence. Elle mourut le dimanche 2 juillet 1706 à l’âge de 22 ans.

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