La guerre, une question d’appréciation

C’est compliqué depuis longtemps de la jouer paisible, de dire que oui, on veut seulement la paix, qu’on nous traite comme d’égales à égaux et que ce sera déjà bien.

La guerre contre nous, les femmes, revêt plein de formes différentes.

Humiliations, agressions, discriminations, restrictions de l’accès au droit, garantie de l’impunité de ceux qui contribuent au jeu de massacre mais tout dans le calme et le feutré, à coup de lois et de mesures, de bons mots distillés dans les média qui auront des conséquences concrètes et dégueulasses pour beaucoup d’entre nous.

Ça se passe tellement loin des préoccupations des décideurs d’en haut que nous sommes des numéros, des variables d’ajustement. C’est tellement confortable que certaines d’entre nous y vont, contribuer à la domination, pour avoir le luxe de ne plus voir et de ne plus subir.

Sauf qu’on n’en sort jamais vraiment de cette guerre, parce que même en se hissant au niveau des dominants, la moindre existence d’une touche de dominé nous maintient au rang de sous-dominant.

Alors peut-être que cette guerre le dominant la comprendra quand ce sera œil pour œil. Quand les  dominées pratiqueront toutes l’autodéfense pour péter la gueule aux agresseurs, que les salariées se donneront vraiment la main pour prendre ce qui leur revient, et pas que des chemises de luxe.

Dans plein de circonstances : commence à utiliser et maîtriser les armes du dominant, il fait déjà dans son froc, alors il riposte comme il peut :

Essaie de défendre les minorités discriminé-e-s, l’Etat et ses supplétifs essaient de te discréditer et de te ridiculiser.

Les cours d’autodéfense non-mixte, que tu mets en place parce que l’Etat ne te protège pas, te valent l’accusation de vouloir rendre les femmes agressives. Ca serait bien dommage hein, si elles se défendaient.

Le droit du travail, ben on le vire tout simplement.

Une des armes de la guerre c’est la peur.

Je voudrais arrêter d’avoir peur parce que même sans flingue braqué sur la tempe, la peur immobilise, assujettit et à la fin elle tue.

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